Lire la suite – Newsletter octobre 2018

Coulisses d’un album : L’Enlèvement du prince Oléomargarine

On l’a découvert à l’occasion de la sortie de cet album : l’écrivain Mark Twain avait l’habitude de raconter des histoires à ses filles. Il prenait un objet au hasard et brodait autour pour le grand plaisir des deux fillettes. Un soir de 1879, dans un hôtel parisien, Clara et Susy montrent un dessin extrait d’un magazine à leur père et le supplient d’inventer une histoire. L’Enlèvement du prince Oléomargarine est le seul récit à avoir été couché sur le papier par l’écrivain. Inachevé, il a dormi pendant plus d’un siècle dans les archives Mark Twain Papers conservées à l’Université de Californie à Berkeley. Il n’attendait que d’être repris par une plume alerte. L’auteur américain Philip Stead relève le défi en partant des notes laissées en jachère. Non seulement il achève l’histoire, mais il choisit d’aller plus loin en se mettant en scène dans une conversation avec le célèbre auteur des « Aventures de Tom Sawyer » et « Huckleberry Finn » qui sert de fil conducteur.

De quoi est-il question dans L’Enlèvement du prince Oléomargarine, seul album pour enfants de Mark Twain ? Johnny, jeune et doux garçon désargenté, malmené par un grand-père cruel, est entraîné malgré lui dans une quête pour retrouver un prince disparu. Une fleur magique lui donne le pouvoir de comprendre le langage des animaux, un pouvoir utile pour réussir dans sa périlleuse entreprise. De manière très étonnante et réussie, le périple de Johnny est souvent interrompu par des apartés imaginaires entre Twain et Stead. Les illustrations d’Erin Stead, imprimées sur des blocs de bois avec des encres à l’huile, puis couvertes de dessins au crayon à papier, confèrent à cette fable sociale légèreté et grâce, tout comme ses portraits minutieux de chaque personnage. Le propos est un plaidoyer en faveur de l’honnêteté et de la gentillesse, exprimé avec une économie de mots par Johnny, résolument moins expansif que les deux auteurs. « Johnny inspira profondément pour se calmer. Puis il ouvrit sa bouche et découvrit les mots qui pourraient sauver l’humanité de tous ses maux, si seulement l’humanité pouvait les prononcer de temps en temps avec sincérité. Il dit : “Je suis content d’être là.” »

Le livre est sorti aux États-Unis en 2017. Les éditions Kaléidoscope sont très heureuses de publier en français cet ouvrage original qui tranche avec les traditionnels albums pour la jeunesse. Il faut rappeler que Kaléidoscope connaît bien le couple Stead. Cinq de leurs albums figurent au catalogue, dont le remarqué A-A-A-A-Atchoum, qui avait d’emblée séduit toute l’équipe par la grâce, la sensibilité et la grande douceur des dessins et du texte.

Claudine Colozzi

Octobre 2018

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Octobre : c’est le mois pour… fêter les sorcières !

Les revoilà avec leur nez crochu, leur balai, leur large chapeau noir et leurs potions magiques ! À l’approche d’Halloween et à l’occasion de la sortie de Clafoutu, la sorcière la plus moche du monde de Christine Naumann-Villemin et Stéphane Henrich, faisons connaissance avec les méchantes qui peuplent le catalogue de Kaléidoscope. Vous les reconnaîtrez vite à leur air renfrogné et à cette manière si singulière de se délecter de leur propre laideur et de leur propre méchanceté.

Tous les matins, la sorcière Clafoutu interroge son bon vieux chaudron magique qui confirme ce qu’elle sait déjà. Oui, elle est bien l’être le plus vilain, le plus affreux, le plus repoussant de la Terre. Elle s’en réjouit : c’est exactement ce qu’elle recherche ! Mais soudain tout ce bel équilibre s’effondre. Son nouveau chaudron connecté affirme avoir trouvé plus laid que notre repoussante sorcière. Impossible ! Clafoutu est désespérée. Vite, il lui faut dégager ses concurrents pour redevenir la reine de la laideur. Y parviendra-t-elle ? Elle a plus d’un sortilège dans son vieux grimoire qui ne demande qu’à être expérimenté.

Avez-vous déjà rencontré des sorcières qui pourraient prétendre s’imposer dans les plus grands concours culinaires ? Tambouille compte parmi les plus fines cuisinières du pays des sorcières. Soufflé de crapaud, langue de loup aux choux, rat en gelée… Elle adore cuisiner et confectionne des mets raffinés. Malheureusement, ses talents ne semblent pas reconnus à leur juste valeur. Aucun de ses invités, fantômes, squelettes, gnomes, vampires et farfadets, ne fait suffisamment honneur à sa cuisine. Et si un ogre savait apprécier ces petits plats dont elle seule a le secret ?

Au plus profond de la forêt, il existe un endroit effrayant. Les arbres y sont sombres, rabougris et couverts d’épines acérées, l’odeur y est pestilentielle. C’est là que vit la plus abominable des sorcières. Elle s’appelle Vèzmô… Tout ce qu’elle touche se transforme en choses horribles, les fleurs en immondices et les papillons en papiers gras. Est-ce possible qu’une telle personne existe ? Tous la fuient de crainte de finir changés en serpents, cafards ou autres bouses puantes. Qu’adviendra-t-il alors du prince charmant qui croise sa route ? Va-t-il devenir un cafard gluant ou un crapaud couvert de pustules comme elle rêve de le transformer ? Attention, même chez les sorcières les plus repoussantes et les plus douées en sortilèges, les choses ne se passent pas toujours comme elles devraient se passer !

Même les sorcières ont le blues. Surtout quand elles ne parviennent plus à satisfaire leur péché mignon : attraper des petits enfants pour les croquer. Difficile de gagner leur confiance pour les attirer dans ses griffes. Ses amies expliquent à notre héroïne qu’elle doit évoluer pour pouvoir continuer à leurrer les gamins. Qu’à cela ne tienne : cours de chant, cours de danse, relooking… Elle se transforme en bête de scène et prend comme nom d’artiste « Laidie Pépète ». Cela suffira-t-il à capturer dans ses filets les petits enfants soupçonneux, rien n’est moins sûr !

Une sorcière en baskets et petites couettes, il fallait oser. Rabounia vit entre les pages 56 et 63 du Grand Recueil des histoires pour le soir. Un jour, elle est réveillée par des cris insupportables. D’où cela peut-il venir ? Elle a beau savoir que la consigne est stricte : il est formellement interdit de sortir de son histoire, elle meurt d’envie de savoir d’où viennent ces cris. Elle découvre l’histoire du petit lapin qui a perdu son doudou… Mais, « qu’est-ce qu’un doudou ? » se demande la petite sorcière qui n’est pas au bout de ses surprises en osant braver l’interdit.

 

Claudine Colozzi

Octobre 2018

 

 

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