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Dans les coulisses d’un album…
Frida et Petit Ours

Depuis plus de trente ans que les parcours d’Anthony Browne et de Kaléidoscope sont liés, chaque album de l’auteur britannique est attendu avec impatience. Dans Frida et Petit Ours, co-signé avec Hanne Bartholin, auteure danoise peu connue en France, le papa de Marcel renoue avec le jeu des formes cher à son enfance. « Le jeu des formes est mon fil conducteur, nous y jouions enfants, mon frère et moi, les jours de pluie et il est aujourd’hui au centre de mon œuvre et de ma vie », a-t-il souvent répété au fil de conférences et d’interviews. Un jeu qui fait appel à l’imagination… Petits comme grands, nous voici intronisés artistes en herbe. Selon Anthony Browne, ce jeu-là a fait de lui un illustrateur. « Avec un crayon, tout est permis, même pour les plus timides », semblent nous dire Petit Ours et sa complice Frida l’éléphante. Comment s’y prendre ? Rien de plus simple. Il suffit de réunir deux participants, de se munir de quelques feuilles de papier et de feutres de couleur et de laisser libre cours à son imagination. Le premier dessine une forme de manière aléatoire, puis le second la complète avec une autre couleur pour la transformer en un objet, un animal ou un personnage… Dans Frida et Petit Ours, nos deux héros pimentent même le jeu en prenant comme point de départ un élément naturel (brindille, coquillage) ou un morceau de papier froissé. Tel un ange gardien, Anthony Browne met les enfants sur la voie de leur propre créativité. Si l’appétit vient en mangeant, le goût du dessin vient sans nul doute en dessinant.

Coulisses d’un auteur-illustrateur

« L’éléphant est symbolique des menaces qui pèsent sur notre planète. »
Avec Barroux, auteur de Où est l’éléphant ?

Le principe graphique de Où est l’éléphant ? rappelle celui de la série Où est Charlie ?. Pourquoi ce clin d’œil ?
Barroux : L’idée m’est venue il y a deux ans alors que je participais au Festival international du livre d’Édimbourg. Il y avait une animation autour de la série Où est Charlie ?. Cette source d’inspiration s’est imposée comme une évidence pour parler du thème de la déforestation. Une suite est déjà prévue : Où est l’étoile de mer ? sur la pollution des fonds marins.

D’où vous est venue l’envie d’aborder ce sujet grave ?
B. : Il y a quelques années, j’ai réalisé un carnet de voyage sur le Brésil pour les éditions Glénat. En traversant le pays, j’ai découvert comment les paysans mettent le feu à des parcelles de forêt pour les transformer en terres agricoles et faire pousser du soja par exemple. Cette déforestation met en péril la biodiversité de la forêt amazonienne.

Mais pourquoi un éléphant en Amazonie ?!
B. : L’éléphant est un animal familier des enfants. Comme la forêt d’Amazonie, il est en voie de disparition. Tous deux sont symboliques des menaces qui pèsent sur notre planète.

Sensibiliser les enfants et par la même occasion leurs parents à la protection de l’environnement, ça vous semble important ?
B. : Oui, cela fait plus de vingt ans que je fais ce métier et j’aime bien les livres, plus poétiques, plus engagés, qui vont un peu au-delà du simple album. D’un autre côté, je trouve que c’est toujours aux citoyens, déjà sensibilisés, qu’on demande de faire des efforts. Il est important de dénoncer d’abord les grosses entreprises polluantes sur les atteintes graves qu’elles font subir à l’environnement.

Où est l’éléphant ? est un album avec très peu de texte, ludique… Selon vous, comment vos lecteurs s’en emparent-ils ?
B. : L’histoire est entre les mains du lecteur. Chacun peut essayer à son rythme de retrouver les trois personnages. Ce dont je me suis rendu compte, c’est qu’ils sont tellement accaparés par la recherche qu’ils en oublient de voir que la forêt recule au fil des pages. Ils le découvrent lors d’une nouvelle lecture.

C’est la première fois que vous publiez un album chez Kaléidoscope. Comment envisagez-vous la suite ?
B. : Oui, les droits ont été achetés via mon agent en Angleterre. J’ai donc découvert que l’album sortait en France après coup. Mais cela m’a permis de rencontrer Isabel Finkenstaedt et j’entends bien lui proposer de nouveaux projets. C’est important le travail avec un éditeur pour se soulever la tête de nos histoires.
Mars 2015

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