Lire la suite – Newsletter mai 2018

Coulisses d’un album : Chevalier Ned et les Braillards

 

Qui sont ces Braillards ? Leurs cris stridents tout droit sortis d’un bois sombre et profond importunent le roi dans son château et font trembler les maisons du village. Impossible de continuer de mener une existence paisible avec tout ce vacarme. Le souverain décide d’envoyer le plus courageux de ses chevaliers. Ainsi le noble Ned part à la recherche de ces importuns qui perturbent la tranquillité du royaume et contraignent les villageois à se terrer. En chemin, il fait la connaissance d’un troll, d’une sorcière et d’un loup très décidés à l’aider dans sa quête. Jusqu’à ce que le preux chevalier ne découvre que les fauteurs de trouble ne sont autres que … les trois compères !

Etonnant retournement de situation dont le jeune garçon va tout de même parvenir à tirer avantage. Car chevalier Ned n’est pas seulement valeureux, il est aussi très intelligent et expert en diplomatie. La clef pour réussir à se sortir de ce faux-pas ? Leur apprendre à s’écouter les uns les autres, pour essayer de chanter juste et ensemble, plutôt que de beugler horriblement.

Chevalier Ned et les Braillards est album au rythme enlevé qui se lit comme une chanson car la traductrice, Rosalind Elland-Goldsmith a veillé à respecter les rimes écrites par l’auteur du texte, Brett, le fils de l’illustrateur David McKee. Que Ned soit complètement inconscient du danger que font planer ses trois compagnons de recherche prête parfois à sourire. Car il est certain que les lecteurs se réjouiront d’anticiper la supercherie avant le héros lui-même. Les Braillards croqués par « le papa d’Elmer » sont délicieusement drôles. Franchement, qui peut prendre au sérieux et s’effrayer de ce troll poilu avec ses bretelles roses et ses baskets à étoiles ou ce loup en marinière et petit foulard noué autour du cou ? David McKee soigne les détails humoristiques et sa forêt, loin d’être sinistre, se pare de mille et un reflets magnifiques. A la fin de l’album, les scènes de danse sont débordantes de mouvement et de joie jusqu’au pied de nez final so british !

Claudine Colozzi

Avril 2018

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Coulisses d’un illustrateur : David McKee

Célèbre, bien sûr, pour Elmer, son éléphant bariolé, David McKee est l’auteur d’une cinquantaine d’albums jeunesse, dont 25 aventures d’Elmer. Son premier livre pour les enfants est sorti en 1964. Pour mieux faire connaissance, voici une petite sélection de quelques-uns de ses ouvrages disponibles dans le catalogue de Kaléidoscope.

 

Auteur et illustrateur britannique, David McKee est né en 1935. Il a étudié au Plymouth College of art. Très vite, il vit grâce à la production de dessins humoristiques pour la presse ; il commence notamment une publication hebdomadaire dans le supplément du Times. Rapidement les livres pour la jeunesse vont devenir sa principale activité. En 1964, il publie son premier album Two Can toucan. Plusieurs héros créés par David McKee ont été adaptés en dessins animés dont Mr Benn qui a fait l’objet d’une série d’animation produite par la BBC. Si David McKee est un écrivain-illustrateur jeunesse mondialement célébré, il est aussi un dessinateur et peintre de talent.

Six hommes (2011)

Il était une fois six hommes qui cherchaient un endroit sur Terre où travailler et vivre en paix… mais c’est la guerre qu’ils finirent par trouver !

Comment faire comprendre à de jeunes lecteurs l’engrenage de la méfiance et de l’agressivité qui conduit parfois les hommes à s’entretuer pour protéger leur richesse. Détonnant avec l’univers coloré et gai d’Elmer, cet album sobrement illustré de David McKee, sorti il y a 45 ans, n’a rien perdu de sa force et de sa capacité démonstrative sur l’absurdité de la guerre. Sous des airs faussement naïve, cette fable est un formidable plaidoyer pacifiste.

Trois monstres (2005)

Il était une fois deux monstres qui vivaient entre la mer et la jungle dans la plus molle des paresses. Mais un jour débarqua un troisième monstre qui leur fit découvrir les vertus du travail en même temps que celles de l’hospitalité.

Un nouveau monstre jaune arrive sur l’île où vivent déjà deux monstres rouge et bleu. Il leur fait cette offre mystérieuse : « Laissez-moi posséder un tout petit peu de terrain et je vais nettoyer vos rochers, et votre jungle. Les deux autres, pas très contents de le voir débarquer, se laissent séduire par sa proposition. Leur vie va s’en trouver changée… Le texte provocateur de David McKee pose les questions de l’ouverture à l’autre et de la tolérance.

Les conquérants (2004)

Un grand pays gouverné par un général à l’armée très puissante se lance à la conquête d’un petit pays qui n’aspire qu’à la paix… mais tel est conquis qui croyait conquérir !

A un âge où jouer à la guerre fait partie des jeux favoris de jeunes enfants, leur faire découvrir cet album se révèle hautement intéressant pour entamer la discussion. Pourquoi certains Etats veulent-ils sans cesse se poser en dominants ? Pourquoi se faire la guerre ? Que deviennent les conquérants si, en face, les autres belligérants décident de déposer les armes, partisans de la non-violence.

Le Roi Rollo et les chaussettes neuves (2001)

Est-ce que tu connais ta gauche de ta droite ? Le Roi Rollo, lui, a du mal. Mais comme il est futé, il va trouver une façon infaillible de ne pas se tromper. Infaillible… et drôle !

Le Roi Rollo est un personnage important dans la bibliographie de David McKee. Il a fait l’objet d’une adaptation télévisée. Amusant, maladroit, avide de nouvelles expériences, ce jeune monarque explore le monde qui l’entoure avec curiosité. Par identification l’enfant-lecteur peut s’approprier ses découvertes et se projeter à son tour dans cet apprentissage.

La série des Melric

David McKee n’a pas son pareil pour inventer des personnages auxquels on s’attache très facilement. Melric est de ceux-là. Un magicien sympathique, qui ne demande qu’à rendre service aux autres. Mais être magicien du roi n’est pas de tout repos. C’est ce que l’on découvre au fil des histoires. Pas facile de tenir tête au sorcier Sondrak qui veut lui mettre des bâtons dans les roues. L’univers de Melric est incontestablement farfelu, mais cette fantaisie confère à ces albums un charme incontestable. Une bonne dose de suspense pour corser un peu le récit et on se demande toujours comment Melric va se tirer de ce mauvais pas. Mais un magicien a toujours le dernier mot !

Melric le magicien qui avait perdu ses pouvoirs (2012)

Melric le magicien peut, d’un coup de baguette magique, aider tous ceux qui le souhaitent, et ils sont nombreux ! Melric travaille donc beaucoup mais il se sent utile et il est heureux… jusqu’au jour où il comprend qu’aider vraiment les gens signifie contribuer à les rendre indépendants.

Melric et le sorcier (2013)

Melric est le magicien du roi, d’un coup de baguette magique, il exauce n’importe quel souhait. Mais c’est justement parce que Melric peut tout faire qu’il prend garde de ne pas faire n’importe quoi. Alors, quand le roi exige d’avoir plus de pouvoir, Melric refuse tout net. Malheureusement, entre le roi qui insiste et Melric qui persiste, un certain Sondrak vient faire le malin. À votre avis, qui aura le mot de la fin ?

Melric et le ravisseur (2014)

Melric, le magicien du roi, a-t-il du souci à se faire ? Le sorcier Sondrak est de retour, plus malfaisant que jamais. Ah, l’affreux sorcier est décidément prêt à tout pour prendre sa place auprès du roi ! Mais rira bien qui rira le dernier.

Melric et le dragon (2015)

Le roi trouve que son armée a beaucoup grossi ces temps-ci. Comment redonner le goût du combat à des soldats qui sortent uniquement l’épée pour étaler la confiture sur les tartines ou partager un gâteau au chocolat ? Le roi a une idée…

Claudine Colozzi

Avril 2018

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