Lire la suite – Newsletter juin 2017

Portrait d’un auteur : Christine Naumann-Villemin

«Comme le colibri, j’ai l’impression de « faire ma part » en écrivant.»

Christine Naumann-Villemin a noué un compagnonnage de longue date avec Kaléidoscope. De très nombreux ouvrages figurent au catalogue, dont des incontournables comme La tétine de Nina, Jour de piscine, Maman Chonchon ou La princesse coquette.

 

L’un de vos personnages récurrents est Nina. Comment cette drôle de gamine a-t-elle surgi de votre imagination ?

Christine Naumann-Villemin : Nina existe vraiment. La fille d’une de mes amies, alors âgée de 5-6 ans, ne pouvait pas se passer de sa tétine. Quand le livre est sorti, elle s’est présentée devant sa maîtresse en lui disant qu’elle avait inspiré le personnage de Nina. L’enseignante n’a rien voulu savoir. Il a même fallu que je lui envoie un mot pour confirmer !

 

Où puisez-vous vos idées ? Dans des expériences vécues ? Dans des souvenirs d’ordre personnel ?

C.N.-V. : Il faut toujours être à l’affût d’une bonne idée. La vie quotidienne m’apporte son lot d’histoires. Parfois Isabel Finkenstaedt me met sur la piste d’une thématique en me disant : « Ce serait bien que tu écrives sur ce thème. » J’adore, je le prends comme un exercice de style. Je me remémore aussi des souvenirs d’enfant, comme cette détestation de la piscine qui nous faisait sécher les cours de natation, ma sœur et moi.

 

Comment qualifierez-vous la relation que vous avez avec une maison d’édition comme Kaléidoscope ?

C.N.-V. : J’entretiens une relation privilégiée avec Kaléidoscope. C’est là que j’ai publié mon premier album. Nous travaillons vraiment comme une équipe. Je dois aussi à Isabel Finkenstaedt ma rencontre avec Marianne Barcilon avec qui j’ai imaginé de nombreux albums.

 

Votre travail dépasse le cadre de la collaboration. Vous entretenez une vraie complicité.

C.N.-V. : Ce qui nous lie est au-delà de la complicité, plutôt une connivence. Dès le premier album, nous avons senti que le courant passait entre nous.

 

Quel but poursuivez-vous en écrivant des livres ?

C.N.-V. : Les enfants d’aujourd’hui parlent plus facilement aux adultes de leur ressenti. Avant, nous évoluions plus dans un monde d’enfants. Parler de certains sujets, comme leurs peurs, c’est déjà un premier pas pour s’en sortir. L’important pour moi, c’est de faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent parler des émotions qu’ils ressentent pour mieux les apprivoiser.

 

Et votre rapport à l’écriture ? Quelle place occupe-t-elle dans votre vie ?

C.N.-V. : Si je pouvais, je m’y consacrerais à temps plein, mais c’est un sacré challenge de franchir le pas. Quand je finis une histoire, c’est toujours très douloureux. Je me dis toujours que c’est la dernière, je n’ai plus de jus pour continuer. Et puis l’inspiration repart. J’ai encore beaucoup d’histoires à raconter. Quand je réfléchis à un album, j’y pense tout le temps, sous la douche, dans les embouteillages. Les gens qui me connaissent savent combien cela peut m’accaparer.

 

À quoi sert d’écrire des albums pour la jeunesse ?

C.N.-V. : L’idée forte d’un de mes derniers albums, Le crocodile de l’école, est qu’apprendre fait grandir. Je crois à l’infusion d’idées, de valeurs par la lecture. Lire peut aider à former des citoyens tolérants, respectueux. Comme le colibri, j’ai l’impression de « faire ma part » en écrivant.

 

Propos recueillis par Claudine Colozzi

Juin 2017

 

 

La thématique du mois : juin, en route pour les vacances !

 

Plus que quelques semaines avant le départ en vacances… Même les héros des albums de Kaléidoscope profitent de l’été pour lézarder sur la plage, voyager, bâtir des châteaux de sable, faire du camping entre cousines ou goûter à la magie du mouvement des vagues. Suivez-les dans leurs aventures estivales, amusantes ou poétiques.

 

L’autre princesse de Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon

Éliette, la princesse coquette, passe ses vacances avec sa cousine Alice. Tout roulerait pour les deux fillettes si elles n’étaient pas importunées par une pimbêche. Regardez-la se planter devant elles pour les narguer parce qu’elles ne portent pas le maillot de bain à la mode ou dorment dans une caravane de « plouquettes ». D’abord énervées par cette crâneuse, les deux cousines vont vite se rendre compte que, derrière ses grands airs, l’importune masque une profonde solitude. Heureusement, les fillettes sauront dépasser les apparences.

 

Châteaux de sable de Stéphane Henrich

Dans une ambiance un peu rétro qui rappelle celle des vacances de M. Hulot, un papa bouquine sur la plage tandis que sa fille fait des pâtés. Quand soudain arrive un petit garçon, accompagné lui aussi de son papa. Il se lance à son tour dans une construction en sable un peu plus élaborée. Applaudissements nourris de son paternel gonflé d’orgueil, air satisfait du garçonnet… Il n’en faut pas plus pour inciter le premier père à prêter main-forte à sa fille. Et voilà que s’engage une compétition forcenée entre les deux hommes pour bâtir le plus beau des châteaux de sable. Les deux enfants finissent par laisser en plan leurs géniteurs pour jouer plus loin sur la plage !

 

Une place au soleil de Jean Leroy et Sylvain Diez

Quel plaisir de faire une petite sieste sur la plage pour la souris râleuse ! Sauf quand tout le monde a aussi décidé de profiter du bord de mer et pollue votre tranquillité. L’hippopotame lui fait de l’ombre, le crocodile ronfle et les éléphanteaux jouent aux raquettes. Trop, c’est trop ! Mais dame souris a-t-elle raison de se fâcher avec la Terre entière ? La promiscuité un peu étouffante, n’est-ce pas mieux que la solitude d’une île déserte ? Au lieu de se mettre à dos ses voisins, aussi encombrants soient-ils, n’est-il pas préférable de faire quelques concessions pour que chacun puisse se faire une petite place… au soleil ?

 

Un grand voyageur de Christine Davenier

À la ferme, ils l’attendent tous de pied ferme. Ils en sont convaincus : Raoul, le grand aventurier, va les éblouir avec ses récits de voyage. Mais Raoul n’arrive pas et les animaux commencent à perdre patience. Quand soudain une petite voix se fait entendre. Jean-Claude l’escargot veut lui aussi raconter l’étonnant voyage dont il revient : le tour du potager ! D’abord incrédules, tous découvrent que l’aventure commence dès lors qu’on décide de sortir de chez soi. Et si le voyage était surtout un état d’esprit d’ouverture et d’émerveillement sur le monde qui nous entoure ?

 

La vague de Suzy Lee

Une petite fille court face à l’immensité de la mer. Elle défie les vagues qui vont et viennent comme le font tous les enfants avec un mélange de peur et d’amusement. Joie d’être éclaboussée, crainte d’être emportée par ce déferlement indomptable. Peu à peu, l’enfant s’enhardit, apprivoise cette vague presque comme une amie. Mais la vague semble ne pas vouloir céder à ses avances. Elle se joue d’elle et continue son incessant ballet jusqu’au dénouement qui laisse la fillette désarçonnée mais heureuse.

 

La piscine de Jihyeon Lee

Bonnet de bain blanc vissé sur le crâne et petites lunettes rondes de natation, un garçonnet se tient devant une piscine. Contemplant l’immensité bleue, assis sur le rebord du bassin, il apparaît soucieux. L’arrivée fracassante d’une horde de nageurs exubérants a raison de son hésitation. Il doit plonger. Sous la surface de l’eau, il rencontre une fillette mue par la même curiosité qui l’entraîne dans une aventure sous-marine. Cache-cache avec des murènes, course-poursuite au milieu des poissons, rencontre improbable avec une baleine, l’escapade buissonnière se révèle pleine de surprises. Sous la banalité quotidienne se cache une richesse insoupçonnée.

 

Claudine Colozzi

Juin 2017

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