Lire la suite – Newsletter février 2018

Interview d’une auteure-illustratrice : Caroline Pistinier

Fidèle compagne de route des Éditions Kaléidoscope, Caroline Pistinier imagine des albums pour la jeunesse depuis presque vingt ans. Son nouvel ouvrage, La Prophétie de Dysplasia, revêt une dimension particulière. Il aborde la maladie génétique rare, la fibrodysplasie ossifiante progressive, dont sa fille Jeanne, âgée de 33 ans, est atteinte.

Comment avez-vous eu l’idée de ce nouvel album, La Prophétie de Dysplasia ?

Caroline Pistinier : Ce livre, je le porte depuis très longtemps, mais je ne parvenais pas à concrétiser mon intention de départ. Ma plus jeune fille Jeanne est atteinte d’une maladie génétique rare, la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP)*, plus connue sous le nom de « maladie de l’homme de pierre ». Je voulais en parler à travers un album. La rencontre avec Marie-Emmeline Lagoutte, présidente de l’association FOP France, lors d’un symposium, a achevé de me convaincre. Elle m’a encouragée à écrire cet album pour les enfants souffrant de cette maladie.

Comment avez-vous procédé ?

C.P. : J’ai écrit l’histoire quasiment d’un seul jet, puis j’ai commencé à dessiner. Ma fille, qui est graphiste (NDLR : très handicapée, Jeanne conserve la mobilité de sa main droite), m’a donné des conseils sur les postures de Princesse, ma jeune héroïne, celles qui étaient crédibles ou non par rapport à la maladie. Elle a été ma première lectrice.

Pourquoi avoir choisi de l’écrire sous la forme d’un conte ?

C.P. : Je ne voulais pas que le handicap soit au centre, seulement qu’il soit un élément de l’histoire. Le conte m’a semblé un bon vecteur pour essayer de toucher au-delà du cercle très restreint des malades et de leurs familles.

Comment avez-vous réussi à convaincre les Éditions Kaléidoscope de le publier ?

C.P. : Honnêtement, au départ, je l’ai fait lire à Isabel Finkenstaedt parce que nous nous connaissons de longue date et que son avis m’est précieux. Je comptais l’éditer à compte d’auteur pour l’association FOP France. Quand elle a dit « On l’édite », je me suis dit qu’il pourrait ainsi rencontrer un plus grand public.

Les albums jeunesse peuvent être un excellent support pour aborder les questions liées au handicap. Qu’en pensez-vous ?

C.P. : Oui, clairement. Il y a plus de vingt ans, j’ai écrit un album, Clara et Bérénice, sur la trisomie 21, qui pouvait permettre aux adultes de répondre à certaines questions des enfants, parfois vécues comme embarrassantes. J’espère que ce nouvel album aidera à une meilleure connaissance de la maladie à travers une histoire que les enfants pourront s’approprier.

* La fibrodysplasie ossifiante progressive entraîne une ossification progressive des muscles squelettiques et tendons les rattachant aux os. La personne est comme statufiée vivante ; emprisonnée dans un second squelette. Cette maladie orpheline concerne 89 cas en France aujourd’hui. À ce jour, il n’existe aucun traitement.

Propos recueillis par Claudine Colozzi

Février 2018

 

Dans les coulisses d’un album : Mon petit pot de colle écrit par Christine Naumann-Villemin et illustré par Juliette Lagrange

Tout le monde a en tête l’image d’un bébé koala agrippé au dos de sa maman. Ils sont comme ça, ces petits marsupiaux australiens : un peu pot de colle ! Josette joue dans cette catégorie, mais c’est sa grande sœur qu’elle ne lâche pas d’une semelle. Jacqueline, elle, aimerait bien se débarrasser de cette envahissante. Mais rien à faire : la petite ne peut pas se séparer de son aînée qui parfois aspire à un peu de solitude et de tranquillité. Entre tendresse et rivalité, les relations entre sœurs sont parfois conflictuelles. Mais qui a la chance d’avoir une sœur sait très bien combien cette affection est précieuse. Jacqueline va l’apprendre à ses dépens…

Mon petit pot de colle, nouvel album de Christine Naumann-Villemin et Juliette Lagrange, devrait évoquer des souvenirs à tous ces frères et sœurs qui passent leur temps à se disputer, se chamailler, se taquiner, et se retrouvent tout tristes et esseulés quand l’autre n’est pas à la maison. « Quand j’ai reçu le texte de Christine, cette histoire m’a tout de suite parlé. J’ai pensé à ma relation avec ma sœur », raconte Juliette Lagrange. Cette jeune illustratrice, récemment diplômée de l’école d’art Émile-Cohl à Lyon, signe ici son premier livre. Quand on sait qu’elle a grandi avec La Tétine de Nina (Christine Naumann-Villemin / Marianne Barcilon), on imagine son enthousiasme à s’emparer de ce texte.

Passionnée de nature et de botanique, Juliette Lagrange a adoré mettre en scène ces personnages dans une luxuriante forêt d’eucalyptus, jouant avec les transparences permises par l’aquarelle. Et quand on lui demande si l’air renfrogné des koalas n’est pas difficile à retranscrire, elle répond qu’elle s’en est amusée en humanisant ces deux sœurs avec de petits accessoires. Jacqueline et Josette ont effectivement des dégaines incroyables ! Entre poésie de l’aquarelle et souci de la petite touche humoristique, le trait de Juliette Lagrange sied parfaitement bien à cette histoire attachante et à l’univers de Kaléidoscope.

Claudine Colozzi

Février 2018

 

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