Lire la suite – Newsletter avril 2019

Coulisses d’une nouveauté : Louyétu ? de Geoffroy de Pennart

« Promenons-nous dans les bois. Pendant que le loup n’y est pas. Si le loup y était, il nous mangerait. Mais comme il n’y est pas. Il nous mangera pas ! Loup, y es-tu ? » Tous les enfants ont déjà fredonné cette célèbre comptine à gestes. Comme à son habitude, Geoffroy de Pennart, fidèle du catalogue Kaléidoscope, prend un malin plaisir à revisiter les contes et les comptines de l’enfance. Dans Louyétu ?, le loup est bien sûr incarné par Igor, le plus dandy des loups de la forêt. Très élégant, Igor porte un pantalon bouffant glissé dans des bottes, veste, gilet et nœud papillon rouge. Comme dans de nombreux albums depuis Le loup est revenu !, il promène sa silhouette flegmatique au fil des pages, où l’on retrouve aussi avec joie d’autres personnages déjà connus comme Monsieur Lapin, les trois petits cochons, les sept chevreaux et bien sûr Chapeau rond rouge.

Destinée à accompagner un jeu de cache-cache, cette comptine du XVIIème siècle est un incontournable des cours de récréation. Un adulte prend le rôle du loup et se cache. Les enfants font la ronde et l’interpellent en chantant : « Loup, y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ? » Il nomme alors avec une grosse voix les vêtements qu’il est censé enfiler : « Je mets mes chaussettes… Je mets mon pantalon… Je mets ma chemise… » Une manière de laisser monter le suspens et d’alimenter l’excitation des enfants.

Dans Louyétu ?, Geoffroy de Pennart joue sur le même ressort scénaristique et entretient une tension narrative en égrenant les éléments vestimentaires du loup. Mais bien sûr, il prend le contre-pied de la version classique ! Les habitués de la saga des loups reconnaîtront à coup sûr la patte du papa d’Igor et de Chapeau rond rouge. À lire ou à chanter, comme vous le souhaitez !

Claudine Colozzi

Mai 2019

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Thématique du mois : l’art chez Anthony Browne

Une grande partie de l’œuvre d’Anthony Browne fourmille de références artistiques. Ainsi, la lecture de ses albums s’apparente souvent à un jeu de pistes où l’on se plaît à traquer les clins d’œil à l’histoire de l’art. Est-ce parce qu’il a lui aussi un jour souhaité devenir peintre qu’il rend hommage avec autant de précision et de constance à de nombreux artistes ? Sans doute. À l’occasion de la sortie de Petite Frida – Une histoire de Frida Kahlo, Kaléidoscope vous propose de revisiter quelques albums d’Anthony Browne où son amour de l’art, de Magritte à Dali en passant par Van Gogh ou le Douanier Rousseau, explose à chaque page.

Petite Frida – Une histoire de Frida Kahlo

Une fillette solitaire… Une amitié magique… Voici l’histoire vraie d’une rencontre : celle de Frida Kahlo avec l’amie imaginaire qui l’a accompagnée et inspirée toute sa vie. Anthony Browne avait déjà rendu hommage à Frida Kahlo grâce une évocation espiègle du tableau Autoportrait aux singes dans Les Tableaux de Marcel. Inspiré de son journal, ce livre dresse un portrait original des années de jeunesse de la célèbre artiste mexicaine. Après avoir contracté la polio à l’âge de six ans, Frida Kahlo fera l’expérience, sa vie durant, de la douleur et de la solitude. Pour s’évader, la petite fille s’invente une amie imaginaire de son âge, incroyable danseuse et confidente attentive. Avec justesse, Anthony Browne donne à entendre la voix de la jeune Frida et son album se révèle un hommage vibrant à la créativité.

Les Tableaux de Marcel

« Ce livre est dédié à tous les grands artistes qui m’ont donné l’envie de peindre. » À travers Marcel, son double en littérature jeunesse, qui décide de se mettre à la peinture, Anthony Browne s’amuse à reproduire un certain nombre de tableaux de maîtres (Léonard de Vinci, Raphaël, Vermeer, Manet, Seurat, Bruegel…) en y ajoutant une touche très personnelle. Une manière ludique d’entreprendre un grand voyage dans le monde de l’art. Mais attention, pour corser la difficulté, il a aussi glissé des fragments de tableaux à l’intérieur de ses images. Aux lecteurs de les découvrir ! À la fin de l’album, un livret dépliable présente les différents tableaux évoqués. Un astucieux procédé pour enrichir les connaissances picturales des enfants.

Marcel le Rêveur

Marcel rêve qu’il est vedette de cinéma, peintre, danseur étoile… Il rêve de monstres féroces et de super-héros… L’univers de Marcel est une étonnante galerie de tableaux. Dans cet album, Anthony Browne s’inspire également de tableaux célèbres pour évoquer l’univers onirique de son héros. De l’hommage appuyé à Magritte, visible dès la couverture, aux bananes molles qui auraient sans nul doute fait rire Dalí, les références artistiques se succèdent. Par petites touches discrètes ou détournements évidents, comme pour cette irrésistible Vénus de Milo ou cette danseuse (avec pointes en bananes !) tout droit sortie d’un tableau de Degas.

Frida et Petit Ours

Dans son enfance Anthony Browne jouait au jeu des formes avec son frère les jours de pluie. Pour cet album, illustré par l’auteure danoise Hanne Bartholin , le papa de Marcel retrouve ce jeu cher à son cœur en faisant appel à l’imagination… « Avec un crayon, tout est permis même pour les plus timides », semblent dire Petit Ours et sa complice Frida l’éléphante. Comment s’y prendre ? Il suffit d’être deux et de se munir de quelques feuilles de papier et de feutres de couleurs. Le premier dessine une forme de manière aléatoire, puis le second la complète avec une autre couleur pour la transformer en un objet, un animal ou un personnage… Comme dans Frida et Petit Ours, on peut même pimenter le jeu en prenant pour point de départ un élément naturel (brindille, coquillage, morceau de papier froissé…).

 

 

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