Lire la suite – Newsletter avril 2016

Interview à deux voix pour album à quatre mains

 « Trop de gens manquent d’amour. »

Avec Christian Jolibois et Marianne Barcilon, auteurs de Ourson le Terrible.

 

Ourson le Terrible est le premier album que vous signez ensemble et le premier album de Christian Jolibois aux éditions Kaléidoscope. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Christian Jolibois : Depuis longtemps, Marianne me demandait de lui proposer un texte. Lorsque je la croisais dans des salons, elle renouvelait sa proposition. Un jour, en rentrant chez moi, je me suis dit que je ne pouvais pas la laisser comme ça et j’ai écrit ce texte.

Marianne Barcilon : Autant être honnête, cela fait des années que je harcèle Christian ! J’adore son univers, son humour. Il me répondait qu’il n’avait pas le temps, qu’il avait de quoi s’occuper jusqu’en 2017 ! Alors je lui ai envoyé le mail de la dernière chance, un mail humoristique, lui vantant ce qu’il perdait à ne pas travailler avec moi. Ça a marché. Il m’a enfin répondu et m’a promis de m’envoyer un texte. Ce qu’il a fait.

Comment est venue l’idée de mettre en scène cet ourson « haut comme trois pommes », qui « sème la panique parmi les habitants de la forêt » ?

C.J. : Je suis parti d’un constat simple et universel : l’amour aide à mieux vivre. Trop de gens manquent d’amour. Il y aurait sans doute moins de violence si certains avaient reçu plus de câlins et de bisous dans leur enfance. C’est peut-être un peu naïf, mais j’en suis convaincu. Cet ourson est une sorte de bad boy qui terrorise tout le monde, mais que la découverte de l’amour va bouleverser. Je me souviens d’une interview de Françoise Dolto il y a une trentaine d’années. En voyant un petit garçon qui cassait tout, elle lui a dit : « Comme tu dois être malheureux ! »

 

Marianne, ce texte a-t-il été à la hauteur de vos attentes ?

M.B. : Oui, j’ai trouvé qu’il s’inscrivait dans l’univers de Kaléidoscope et que cet Ourson plairait à Isabel. Et puis, il faut imaginer Christian, qui a été comédien, lisant son texte au téléphone en mettant l’intonation pour chaque personnage. C’était avoir de nouveau 6 ans et demi… J’aurais pu l’écouter pendant des heures !

Comment avez-vous travaillé ?

C.J. : J’ai envoyé le texte à Marianne avec quelques suggestions. J’avais des images fortes en tête à propos de certains passages. Notamment quand Ourson tombe littéralement cul par-dessus tête sous l’effet du bisou de Dame Ourse. Je lui ai soumis mes idées. J’ai l’habitude de beaucoup dialoguer avec Christian Heinrich sur notre collection « Les P’tites Poules ». Je trouve que l’échange aide à alléger le texte. On évite les pléonasmes. Inutile par exemple d’écrire « Il fait beau » si le dessin montre un soleil radieux.

M.B. : Tout s’est passé avec beaucoup de simplicité. Je n’avais pas envie de décevoir Christian. D’habitude, je travaille de mon côté. Là, je lui ai envoyé régulièrement des dessins pour qu’il me donne son avis. Ses remarques étaient toujours pertinentes et ont tiré l’album vers le haut. Globalement nous sommes tombés d’accord sur beaucoup de choses. J’ai soigné le moindre détail. Quand Christian écrit des morilles ou des girolles, je n’envisageais pas de dessiner d’autres champignons !

Vous êtes rapidement tombés d’accord sur la couverture…

M.B. : J’ai fait une maquette de couverture avec la bouille de Ourson en gros plan. J’aimais bien le contraste entre son air volontaire et ses petites canines de bébé qui dépassent de sa bouche. Christian a beaucoup aimé. Au point de dire : « Si tu changes cette couverture, je me fâcherai ! »

C.J. : Je suis très content de la couverture, de ce rouge éclatant avec le titre Ourson le Terrible, qui claque comme Ivan le Terrible !

Avez-vous envie de collaborer de nouveau ?

M.B. : Vraiment !

C.J : J’aime beaucoup le travail de Marianne, ce qu’elle arrive à rendre avec l’aquarelle, une tendresse teintée d’humour qui collait bien au texte.

 

Propos recueillis par Claudine Colozzi

Avril 2016

 

Dans les coulisses d’un album…

Où est l’étoile de mer ?

Comment parler d’environnement aux enfants ? Comment les sensibiliser à la protection de la planète, à l’avenir des océans ? En les amusant ! C’est en tout cas le joyeux parti pris de l’auteur-illustrateur Barroux, loin de tout discours moralisateur, déjà à l’origine de l’album Où est l’éléphant ? paru en mars 2015 chez Kaléidoscope. « C’est en vacances en voyant sur une plage un sac plastique échoué telle une méduse que m’est venue l’idée d’un album qui parlerait de la menace grandissante que constitue la pollution des eaux et des océans », raconte-t-il en épilogue de ce deuxième opus, Où est l’étoile de mer ?. Après la déforestation, place donc à la pollution des mers et des océans. Selon le principe initié par le célébrissime Où est Charlie ?, Barroux invite enfants et parents à explorer les fonds marins pour retrouver sur chaque double page trois personnages : une méduse, un poisson-clown et une étoile de mer.

Mais au fil de la lecture, impossible de ne pas constater que les déchets s’amoncellent. Bouteilles vides, boîtes de conserve, pneu usagé, vieux frigo et machine à laver rouillée envahissent l’espace. Les bancs de poissons multicolores se raréfient et le terrain de jeux se réduit progressivement. Il ne reste bientôt plus que la méduse, le poisson-clown et l’étoile de mer au milieu de cette décharge sous-marine. Tout cela sous le regard courroucé de Dame Baleine ! « C’est assez, semble-t-elle nous dire en décidant de remédier radicalement à ce trop-plein de déchets. Stop à la négligence des hommes. Laissons la mer et ses habitants reprendre leurs droits. » Une chouette idée de lecture à glisser dans la valise avant l’été, histoire de ne pas oublier que « plus que jamais l’avenir des océans est entre nos mains » !

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