Petit point sur les « Marcel » d’Anthony Browne

Petit point sur les « Marcel » d’Anthony Browne

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  • Pull jacquard sans manches, chemise boutonnée jusqu’au col, cravate ou nœud papillon, pantalon trop court laissant dépasser des chaussettes colorées, cheveux gominés avec raie au milieu, vous le reconnaissez ? Mais oui, c’est Marcel, le plus célèbre chimpanzé de la littérature jeunesse. Déjà plus de trente ans qu’il promène d’album en album sa silhouette légèrement voûtée et sa dégaine un peu gauche. Apparu en France en 1991, Marcel (Willy dans la version originale) est le héros le plus connu d’Anthony Browne, fidèle compagnon de route de Kaléidoscope. Le célèbre auteur britannique raconte que Marcel est né sous son crayon un peu par hasard alors qu’il réfléchissait à un personnage au cœur tendre, incapable de « faire de mal à une mouche » et inquiet « d’écraser les petits insectes quand il sortait se promener ». Un personnage un peu lunaire qui demande pardon au lampadaire après s’être cogné dedans !

    Quand on lui demande de décrire Marcel, son « papa » reconnaît qu’il est « timide et sensible, mais il a une carapace dure ». On pourrait ajouter que ce chimpanzé introverti et maigrichon se révèle méticuleux, superstitieux, chanceux, rêveur, appliqué et persévérant. De Marcel la mauviette aux Histoires de Marcel en passant par Marcel le champion et les autres, les livres d’Anthony Browne distillent une petite musique teintée de nostalgie. Malgré les rebondissements souvent cocasses, il y est question de solitude, d’exclusion, de manque de confiance en soi, de situations un peu embarrassantes auxquelles on est tous confrontés, enfant comme adulte. Au final, Marcel finit toujours par dépasser les obstacles grâce à des moyens détournés et cloue le bec, à sa manière, aux plus costauds ou plus doués que lui.

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