Quel est le livre de votre enfance ?
Babar.
Décrivez votre atelier et votre table de travail
C'est très mal rangé. Il y a une grande table, avec un téléphone dessus, ce qui est embêtant parce qu'il sonne ; et puis quantité de papiers, de couleurs, de crayons. Au-dessus, sur le mur,
il y a des photos de ma femme et de ma fille, des dessins d'enfants…
Qu'auriez-vous voulu faire si vous n'étiez pas auteur-illustrateur ? Quels regrets en gardez-vous ?
Quand j'étais petit, je voulais être conducteur de locomotive. Après, comme la plupart des adolescents, j'étais bien embarrassé quand on me demandait ce que je voudrais faire plus tard.
J'ai toujours aimé le dessin, mais je ne savais pas qu'on pouvait en faire un métier. Quand j'ai enfin compris ça, il était temps et j'ai commencé à en baver... Mais je n'ai aucun regret, je voulais conduire des locomotives à vapeur !
À quel moment avez-vous décidé de devenir auteur-illustrateur ?
Quel a été le moment décisif pour votre carrière ?
Quand je suis sorti de l'école (de dessin), en 1973, je voulais illustrer des livres pour enfants.
Je suis donc allé voir les éditeurs, mais ils n'ont pas voulu de moi. Alors, j'ai renoncé et j'ai commencé à gagner ma vie dans l'illustration publicitaire. Je ne pensais plus aux livres lorsque des années plus tard, j'ai rencontré Isabel Finkenstaedt. Nous avons sympathisé et quand elle
a créé Kaléidoscope, elle m'a proposé de faire un livre. Un an ou deux ont passé et je lui ai apporté mon premier livre, La reine des abeilles, d'après les frères Grimm. Je ne suis vraiment devenu auteur-illustrateur qu'avec mon deuxième livre Le loup est revenu !
Quelles sont vos influences ? Vos inspirations ?
Je suis un grand admirateur de Tintin et du sens du récit chez Hergé. Il donne de bons conseils,
le fait par exemple qu'avant tout, les dessins doivent être immédiatement compréhensibles.
Comme peintres, j'aime beaucoup Dufy, Bonnard et Vuillard et bien d'autres.... mais je ne pense pas que cela se voie dans mes dessins.
Comment choisissez-vous le nom de vos héros ?
Des noms qui m'amusent comme Jean Toutou. Ou bien mes héros n'ont pas de nom. Pour Boniface et Philibert, une histoire de gros et de maigre, j'ai joué sur la consonance des noms. Sinon, je choisis des noms des personnes de ma famille : ma mère, ma fille, mes neveux, ma grand-mère. Sauf quand ce sont des personnages méchants.
Qu'aimez vous le plus dessiner ?
Les personnages et les chiens. Moins le reste. J'ai du mal à dessiner les arbres, mais j'y arrive quand même, enfin j'espère.
Qu'est-ce qui vous est indispensable pour écrire ? Pour dessiner ?
Du papier et un crayon. Et une gomme, très important. De la pression, aussi. Je ne suis pas sûr que je dessinerais si je n'y étais pas obligé.
Retrouve-t-on des gens de votre connaissance dans vos livres ?
Non, pas vraiment. On m'a dit que je ressemblais un peu à Jean Toutou.
Qu'est ce qui est le plus passionnant dans votre métier ?
Les rencontres et les échanges avec les lecteurs, enfants et adultes.
Les héros dans lesquels les jeunes lecteurs se retrouvent…
Je me suis aperçu que les enfants aiment bien retrouver les personnages qu'ils connaissent.
J'ai fait revenir Lucas, le loup sentimental dans Le déjeuner des loups. La personnalité de Lucas
a été définie au départ et elle n'a pas changé. C'est un sentimental, mais avant tout c'est un loup.
Il n'est pas question qu'un loup mange de la salade (à la rigueur des pâtes aux truffes !).
Je peux intervenir sur ses sentiments mais pas sur sa nature profonde.
L'humour…
L'humour, je n'y pense pas vraiment. Mes histoires sont essentiellement basées sur les sentiments. Après, je les raconte à ma manière. Quand on est un lapin, c'est terrible d'apprendre que le loup est revenu, même dans un journal qui s'appelle La Feuille de chou ! (mais comment pourrait s'appeler un journal de lapin ? Hein ? Comment ? )
Mon premier livre (en tant qu'auteur) :
Au départ, je pensais que j'étais incapable d'imaginer une histoire pour les enfants. Isabel m'a suggéré d'illustrer un conte classique et elle m'a donné une pile de livres de contes (que j'ai tous lus !). C'est comme ça que j'ai choisi La reine des abeilles. Après, j'ai proposé des histoires de mon cru, mais ça n'allait pas. Je me souviens qu'Isabel me disait, entre autres choses, que pour faire une bonne histoire, il fallait créer une tension. Je crois que c'est la lecture de tous ces contes et ce conseil précis qui sont à l'origine de l'idée de mon deuxième livre, Le loup est revenu !.
Au départ j'ai écrit l'histoire en vers et ça commençait comme ça :
C'est le soir,
Il est tard,
Monsieur Lapin est terrifié,
À l'idée d'aller se coucher,
Car dans le journal, il a lu
Que le loup était revenu !
L'histoire a été acceptée, mais (heureusement) pas les vers.
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